September 25, 2022

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Biographie de Félix Houphouët-Boigny et l’histoire de Décès

Félix Houphouët-Boigny (serait né Dia Houphouët le 18 octobre 1905 à N’Gokro (Yamoussoukro) selon la biographie officielle, mort le 7 décembre 1993), surnommé le sage ou même Nanan Boigny ou Nanan Houphouët ou reprise « Le Vieux (au sens africain du terme), est le père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. 

Biographie de Félix Houphouët-Boigny et l’histoire de Décès

Successivement culinary specialist traditionnel, médecin, planteur, dirigeant syndical, député en France, ministre de gouvernements français, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, maire d’Abidjan, Chief ministre ivoirien et head président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, Félix Houphouët-Boigny tient un rôle de chief ordre dans le processus de décolonisation de l’Afrique, et domine jusqu’à la balance de sa compete, la scène politique de child pays natal. 

Hardliner de la Françafrique, il parvient de cette façon à développer économiquement la Côte d’Ivoire, notamment dans le secteur agricole, faisant de child pays un îlot de prospérité dans un landmass miné standard la pauvreté ; on parle alors de « marvel ivoirien ». Mais si l’exportation de cacao et de bistro a fait la richesse de la Côte d’Ivoire, elle a également provoqué des difficultés dans les années 1980, après la chute brutale des cours des matières premières. Dès lors, child régime dominé depuis l’indépendance standard un parti extraordinary, le PDCIa, miné standard une defilement endémique, devient de in addition to en in addition to insufferable pour la populace touchée de plein fouet standard la crise économique. 

Toutefois, cette coopération avec la France ne s’arrête pas au seul plan économique. S’appuyant sur les réseaux d’influence français en Afrique de Jacques Foccart, proche du général de Gaulle, il mène une politique qui se traduit standard un soutien inconditionnel et mutuel des deux pays. Cette position permet à la France de garder, entre les impacts des États-Unis et de l’Union soviétique, le contrôle de child « pré carré » pendant la guerre froide. En échange, Félix Houphouët-Boigny, l’homme de la France en Afrique, se taille une place toute particulière sur la scène africaine, notamment en Afrique francophone et dans le golfe de Guinée, où child impact fut grande. Sa fortune était estimée entre 7 et 11 milliards de dollars. 

Biographie de Félix Houphouët-Boigny et l’histoire de Décès

Origines et éducation

Félix Houphouët-Boigny naît, selon sa biographie officielle, le 18 octobre 1905 à N’Gokro2. Toutefois, un doute subsiste sur l’exactitude de cette date ; chez les Baoulés, l’état civil n’existait pas encore à l’époque et il est donc fort probable que sa naissance soit antérieure à 19053.

Originaire d’un petit royaume akouè polythéiste, il est le fils d’un dénommé Houphouët4 qui lui donne à l’origine comme prénom Dia, pouvant signifier dans sa langue, « prophète » ou « magicien »4. Le nom de son père provient du baoulé ufuɛ. Ce nom expiatoire est donné aux enfants nés aux abords d’un village ou dans une famille où plusieurs enfants sont morts successivement avant sa naissance5. De son nom d’origine Dia Houphouët, il y ajoute postérieurement le nom Boigny signifiant « le bélier » en baoulé5. Dia Houphouët-Boigny est le petit-neveu de la reine Yamousso et du chef du village, Kouassi N’Go4. Lorsque ce dernier est assassiné en 1910, le jeune Dia est appelé à lui succéder à la tête de la chefferie4. En raison de son jeune âge, son beau-père Gbro Diby (son père étant déjà mort) devient régent6.

Compte tenu de son rang, l’administration coloniale décide de l’envoyer à l’école du poste militaire de Bonzi situé près du village6 puis, en 1915, à l’école primaire supérieure de Bingerville, ce malgré les réticences de sa famille4. Cette même année à Bingerville, il se convertit au christianisme, considérant cette religion comme le signe de la modernité et un obstacle à l’islamisation : il se fait baptiser Félix4.

Brillant élève, il intègre, en 1919, l’École normale William-Ponty où il obtient son diplôme d’instituteur6 et enchaîne, en 1921, avec l’École de médecine de l’Afrique-Occidentale française dont il sort major[pas clair] en 19252. Ces études de médecine étant enseignées de manière incomplète par le colonisateur, Houphouët ne peut prétendre qu’à la carrière d’un « médecin africain »7, médecin au rabais3.

À la tête de la Côte d’Ivoire

Biographie de Félix Houphouët-Boigny et l’histoire de Décès

Un partisan de l’autonomie

À la suite de l’adoption, le 23 juin 1956, de la loi-cadre Defferre donnant l’autonomie aux colonies africaines, une élection territoriale est organisée en Côte d’Ivoire le 3 mars 1957, au cours de laquelle le PDCI remporte une victoire écrasante24. Houphouët-Boigny, qui occupait déjà les fonctions de ministre en France, de président de l’Assemblée territoriale depuis 1953 (ayant succédé à Victor Capri Djédjé) et de maire d’Abidjan depuis novembre 195624, décide de placer à la vice-présidence de la Côte d’Ivoire Auguste Denise25, même s’il reste, pour Paris, le seul interlocuteur de la colonie3.

Le 7 avril 1957, le chef du gouvernement du Ghana, Kwame Nkrumah, en déplacement en Côte d’Ivoire, appelle toutes les colonies d’Afrique à prendre leur indépendance26 ; Houphouët-Boigny lui rétorque alors :

« Votre expérience est fort séduisante… Mais en raison des rapports humains qu’entretiennent entre eux Français et Africains et compte tenu de l’impératif du siècle, l’interdépendance des peuples, nous avons estimé qu’il était peut-être plus intéressant de tenter une expérience différente de la vôtre et unique en son genre, celle d’une communauté franco-africaine à base d’égalité et de fraternité. »27

Contrairement à de nombreux dirigeants africains qui réclament une indépendance immédiate, Houphouët-Boigny souhaite une transition en douceur au sein de l’« ensemble français »3 car, selon lui, l’indépendance politique sans l’indépendance économique ne vaut rien2. Aussi, donne-t-il rendez-vous à Nkrumah dans dix ans afin de voir lequel des deux eut choisi la meilleure voie27.

Tout naturellement, il fait campagne pour le « oui » lors du référendum pour la Communauté franco-africaine, proposé par de Gaulle le 28 septembre 195828. Seul son protégé guinéen, Ahmed Sékou Touré ose dire « non » préférant, à l’inverse d’Houphouët-Boigny, « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage »29. Malgré ce succès, la Communauté franco-africaine s’écroule peu de temps après, poussée par la fédération du Mali qui souhaite l’indépendance. Le 7 août 1960, Houphouët proclame à contrecœur, l’indépendance de la Côte d’Ivoire

La prospérité des années 1960 et 1970

Félix Houphouët-Boigny, lors d’une cérémonie officielle d’arrivée aux États-Unis avec Richard Nixon le 9 octobre 1973.

Si Houphouët-Boigny était un dictateur, il n’était pas moins conscient des réalités du marché. Il opte pour le libéralisme économique afin de bénéficier de la confiance de nombreux investisseurs étrangers, notamment français. Les avantages accordés par son code des investissements de 1959, permettent aux entreprises étrangères de rapatrier jusqu’à 90 % de leurs bénéfices dans leur pays d’origine (les 10 % restants étant obligatoirement réinvestis en Côte d’Ivoire)57. Il développe également une politique de modernisation des infrastructures avec, notamment, l’édification du quartier d’affaires du Plateau à Abidjan (sur le modèle nord-américain) où des hôtels de luxe accueillent touristes et hommes d’affaires. Ainsi, la Côte d’Ivoire connaît une croissance de 11 à 12 % durant la période de 1960 à 196543. Le PIB, multiplié par douze (en volume constant) entre 1960 et 1978, passe de 145 à 1 750 milliards de francs CFA58, tandis que la balance commerciale ne cesse d’enregistrer des excédents58.

L’origine de cette réussite économique est née du choix du président de privilégier le secteur primaire au secondaire8. De cette manière, l’agriculture intensive connaît un développement fulgurant : entre 1960 et 1970, les cultures de cacao triplent leur production atteignant 312 000 tonnes59, celles de café augmentent de moitié, passant de 185 500 à 275 000 tonnes59 tandis que les exportations de bois passent entre 1950 et 1965 de 90 000 à 1 250 000 tonnes43. Si ces derniers représentent 80 % des exportations de la Côte d’Ivoire, celles de bananes s’élèvent tout de même en 1965 à 150 000 tonnes et celles d’ananas à 40 000 tonnes43. Par ailleurs, les cultivateurs du nord sont vivement encouragés à développer la culture du coton dans leur région13. Toutefois, l’État ivoirien, par l’intermédiaire de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles (Caistab) qui garantit, chaque année, un prix d’achat minimum aux productions des planteurs (inférieur à ceux du marché mais jugé satisfaisant), se garde le monopole sur les exportations de café, de cacao et de coton. Des ressources considérables sont ainsi dégagées pour financer les projets nationaux60.

Brasserie Solibra à Abidjan

Bien que n’étant pas le pilier de l’économie ivoirienne, le secteur secondaire connaît, lui aussi, un essor spectaculaire grâce à l’industrie légère, notamment dans l’agroalimentaire avec l’installation de minoteries, d’huileries et de conserveries, et dans la transformation avec la mise en place de filatures et de scieries13. Ainsi, entre 1960 et 1973, la production industrielle enregistre un taux de croissance annuelle moyen de 20 %, faisant passer sa part dans le PIB de 15 à 25 %. Le chiffre d’affaires de la grande et petite industrie passe alors, pour cette période, de 13,5 à 164 milliards de francs CFA, tandis que pour la période de 1973 à 1983, il est multiplié par 8,5, atteignant 1 170 milliards de francs CFA59.

Cet essor économique modifie profondément le mode de vie des Ivoiriens13, entraînant une accentuation de l’exode rural et la hausse du revenu annuel moyen par ménage qui atteint 500 000 francs CFA en 198061. Une forte demande de céréales « modernes » émerge alors en Côte d’Ivoire, notamment en ce qui concerne le maïs et le riz ; cette nouvelle demande étant, comme partout en Afrique, assimilée à une promotion sociale13. Des efforts sont aussi enregistrés dans le domaine de l’éducation : en 1975, le taux de scolarisation pour l’instruction primaire était de 17,3 %, de 5,1 % pour l’instruction secondaire et de 0,5 % pour l’instruction supérieure61 ; en 1985, le taux d’alphabétisation était de 57,3 % pour les personnes âgées de plus de 15 ans61.

Ces progrès, liés pour l’essentiel au domaine économique, font du pays d’Houphouët-Boigny, une réussite rare en matière de décolonisation, un îlot de prospérité dans la région du golfe de Guinée. La Côte d’Ivoire devient même un pays d’immigration pour la région : la forte main-d’œuvre étrangère (principalement burkinabé), nécessaire à la mise en œuvre et à l’entretien des plantations autochtones, représente dans les années 1980, plus du quart de la population ivoirienne62.

Le « miracle ivoirien », comme on l’appelle, vaut à Houphouët-Boigny de gagner une image de « Sage de l’Afrique », tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il est, alors, surnommé respectueusement « le Vieux »8.

Selon le chef de ses gardes du corps en 1975 et 1977, il estimait que la colonisation avait été très positive : « Nous africains, devrions bénir la colonisation jusqu’à la fin des temps car sans la venue de blancs, nous continuerions de nous entre-tuer entre village distant de 15 km et nous vendre aux négriers…et mis heureusement fin à la traite des esclaves organisée par les Arabes »63,64,65. Il déclarera également au journaliste Serge Bromberger « À l’Indépendance, nous n’avons pas hérité des nations. On a parlé de balkanisation de l’Afrique mais il faut reconnaître que ce n’est pas le colonisateur qui l’a balkanisée. Bien au contraire, il a essayé de nous rassembler, car l’indépendance nous a surpris en plein tribalisme »66.

Impuissant face à la crise ivoirienne

Une économie au bord de la banqueroute

Félix Houphouët-Boigny et Nicolae Ceaușescu en 1977

Toutefois, le système économique instauré en coopération avec la France est loin d’être sans défaut. La Côte d’Ivoire d’Houphouët connaît, en fait, une « croissance sans développement ». La croissance ivoirienne dépend des capitaux, initiatives et cadres fournis de l’étranger ; elle n’est donc pas autocentrée et auto-entretenue mais engendrée et entretenue de l’extérieur43. Le modèle ivoirien ne débouche pas automatiquement sur du développement.

À partir de 1978, l’économie ivoirienne connaît un sérieux ralentissement du fait de la chute brutale des cours mondiaux du café et du cacao67. Cette chute est cependant perçue comme une conjoncture passagère puisque ses impacts sur les planteurs sont atténués par la Caistab qui leur assure un revenu décent68. Dès 1979, afin d’enrayer la chute des prix, l’État tente de s’opposer à la tarification des matières premières par un boycott des cours mondiaux. Mais, appliquant seule cette résolution, la Côte d’Ivoire enregistre, entre 1980 et 1982, plus de 700 milliards de francs CFA de perte69. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire est victime, en 1983 et 1984, d’une sécheresse qui ravage près de 400 000 hectares de forêt et 250 000 hectares de café et de cacao69. Pour faire face à cette situation, Houphouët-Boigny se rend en 1983, à Londres, pour négocier un accord sur le café et le cacao avec les négociants et les industriels ; mais, l’année suivante, ces derniers le rompent et laissent la Côte d’Ivoire s’engouffrer dans la crise13.

Même la production de pétrole off-shore et l’industrie pétrochimique ivoiriennes développées dans le but d’alimenter la Caistab, sont touchées par la récession économique mondiale à la suite du contre-choc pétrolier de 198613. L’État, qui achète alors les récoltes des planteurs au double des prix pratiqués sur le marché70, s’endette lourdement. En mai 1987, la dette extérieure atteint 10 milliards de dollars, obligeant Houphouët-Boigny à suspendre unilatéralement les remboursements de la dette13. Refusant de brader son cacao, il gèle en juillet les exportations afin de forcer les cours mondiaux à augmenter. Mais, cet « embargo » échoue13. En novembre 1989, il se résigne à liquider son énorme stock de cacao aux grands négoces71. Gravement malade, il nomme un Premier ministre (poste inoccupé depuis 1960), Alassane Ouattara, qui instaure des mesures d’austérité70

Décès du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny

Biographie de Félix Houphouët-Boigny et l’histoire de Décès

Félix Houphouët-Boigny

Le seul président de l’histoire de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, décède le 7 décembre 1993 dans la capitale, Yamoussoukro, des suites d’un cancer. Lors de ses obsèques, le 7 février 1994, 26 chefs d’État, la plupart de pays africains, seront sur place pour rendre hommage à un des personnages les plus marquants de l’époque post-coloniale sur le continent.

Le premier ministre Houphouët-Boigny devient président lorsque la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance, le 7 août 1960. Il élimine l’opposition et centralise rapidement les pouvoirs autour de lui et de son Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI), le parti unique. Le président mise sur le libéralisme économique pour développer son pays. Les investissements étrangers sont sollicités et les ressources premières, comme le cacao, le café et le bois, mises à contribution. La Côte-d’Ivoire entretient aussi des liens très étroits avec la France, une constante tout au long du règne d’Houphouët-Boigny. Les forts taux de croissance et les progrès sociaux – scolarisation, espérance de vie – font d’elle un modèle sur le continent. Les élections se déroulent toutefois sans opposition. De plus, la chute des cours des matières premières et d’autres problèmes conjoncturels minent l’économie ivoirienne au cours des années 1980, accentuant les tensions sociales. Celui que l’on surnomme « le vieux » est blâmé pour cette détérioration, mais aussi pour la corruption du régime, des dépenses somptuaires, comme la basilique Notre-Dame de la Paix, et son enrichissement personnel. Des ouvertures démocratiques sont faites et des élections multipartites tenues, en 1990. Le président conserve le pouvoir, mais la grogne se poursuit, notamment chez les étudiants. Atteint d’un cancer, Houphouët-Boigny meurt le 7 décembre 1993 à l’âge de 88 ans. Son règne de 33 ans était l’un des plus longs parmi ses contemporains. Vingt-quatre chefs d’État africains et une imposante délégation française, avec à sa tête le président François Mitterrand, assistent à ses obsèques, le 7 février 1994. Le successeur constitutionnel est le président de l’Assemblée nationale, Henri Konan Bédié. Sa place est cependant contestée par le premier ministre Alassane Ouattara, laissant présager une rupture avec la stabilité politique observée sous Houphouët-Boigny.

Dans les médias.

Frédéric Fritscher, Jean de la Guerivière, Jean-Claude Pomonti, Les nombreuses vies de Félix Houphouët-Boigny 

«…Il fut surtout un vrai chef à l’africaine, soucieux de son autorité mais aussi de ses intérêts. La sagesse tant vantée du « doyen » de l’Afrique francophone s’accommodait d’une bonne dose de pragmatisme – d’opportunisme, clamaient ses adversaires. Dur quand il l’a jugé utile, le bâtisseur n’a pas hésité à suivre son propre chemin, sans trop sacrifier aux intérêts d’un panafricanisme dont il se méfiait. De Gaulle, dans ses Mémoires d’espoir, l’a dépeint comme un cerveau politique de premier ordre, de plain-pied avec toutes les questions qui concernent non seulement son pays mais aussi l’Afrique et le monde entier, ayant chez lui une autorité exceptionnelle et, au-dehors, une indiscutable influence, et les employant à servir la cause de la raison .

 Ce jugement sans nuance est pourtant sans complaisance : tous ceux qui ont approché Houphouët-Boigny avant la décrépitude du grand âge ont été frappés par son intelligence des hommes, sa capacité à les séduire et à les utiliser et son étonnante volonté qui lui ont permis de devenir, après une carrière bien remplie, à l’approche de la soixantaine, le bâtisseur de la Côte-d’Ivoire moderne. »

Le Monde (France), 9 décembre 1993, p. 1.

Daniel Bastien, « Le père du miracle ivoirien »

«…Le fameux « miracle ivoirien » se confond toujours aujourd’hui avec la personnalité du président, que l’on crédite de la fulgurante progression des exportations agricoles qui a fait du pays le premier exportateur mondial de cacao, le premier exportateur africain de café, de coton ou de bananes, sans compter le bois, l’ananas, ou le latex.

 Dans l’euphorie, les emprunts extérieurs se sont multipliés, l’équipement du pays s’est accéléré, provoquant un enrichissement brutal d’une partie de la population et une corruption régulièrement dénoncée – mais peu sanctionnée – par le président lui-même. En plein boom, le Parti du président (PDCI) a alors régné sans partage sur la politique, l’administration et les affaires, récupérant aisément les révoltes sporadiques des étudiants.

 Mais la crise économique a créé un profond malaise social, révélé un besoin d’ouverture politique, et finalement remis en question le système Houphouët. En février 1990, l’explosion estudiantine et la pression de la rue – paysans, enseignants, et fonctionnaires réunis – ont contraint le président à instaurer le multipartisme. Après trente ans de « règne », le « Vieux Sage de l’Afrique », qui a milité avec conviction pour la paix (il a été l’un des premiers artisans du rapprochement du continent noir avec l’Afrique du Sud), avait subi, lui aussi, l’usure du pouvoir…»

François Brousseau, Ni despote, ni démocrate 

Président à vie d’un État resté jusqu’en 1990 officiellement monopartite, milliardaire qui avait fait une grande partie de sa fortune avant d’atteindre le sommet du pouvoir, Félix Houphouët-Boigny n’était pas, il s’en faut de beaucoup, le pire des présidents africains.

 Mais il n’était pas non plus un grand démocrate. N’avait-il pas déclaré un jour, dans l’un de ces aphorismes dont il était friand, «Je préfère une injustice au désordre»? N’avait-il pas, à la suite des émeutes de février 1992, fait emprisonner, sans états d’âme, syndicalistes, journalistes et opposants divers par centaines? Il n’empêche, l’expression «despote» n’allait pas à Félix Houphouët-Boigny comme elle va si naturellement à un Mobutu Sese Seko, le «Léopard» qui sévit toujours au Zaïre. 

 Parce que, malgré tous les travers de ce père de famille autoritaire comme il y en a eu tant à la tête des États africains, la Côte d’Ivoire reste l’un des pays qui s’en sont le moins mal tirés au cours des trois décennies de l’indépendance, plus particulièrement au cours des deux premières, au cours desquelles le taux de croissance aura été de 7,8% en moyenne.

 En plus d’être l’un de ces multiples héros de l’indépendance africaine au début des années 60, Félix Houphouët-Boigny aura attaché son nom à la lutte pour un «prix juste», sur le marché international, pour les matières premières dont le tiers monde est parfois bien pourvu, mais sans en récolter tous les fruits économiques.

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